Pétition #1ToitPourVéronique !

Une pétition demande à la ville de Nantes une solution d’hébergement pérenne pour Véronique, victime de violences conjugales et sans domicile fixe depuis 16 mois. Les femmes sans-abri sont particulièrement vulnérables et exposées aux violences sexuelles. Signez et partagez !

Victime de violences conjugales, Véronique est sans domicile fixe depuis 16 mois. Elle est actuellement hébergée dans un hôtel social mais son contrat prend fin le 13 septembre. Lancée à l’initiative de la militante féministe Laure Salmona, une pétition demande à la ville de Nantes une solution d’hébergement pérenne pour son cas. En effet, Véronique risque de se retrouver à la rue et d’être exposée à de graves violences. Elle témoigne dans cette vidéo

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Le nombre des femmes sans-abri en augmentation

Selon une étude de l’Insee de 2012, 38% des personnes sans domicile et 5% des personnes sans abri étaient des femmes. Les inégalités sociales précarisent davantage les femmes. Elles ont donc plus de risques de se retrouver dans une grande précarité ou à la rue.

D’après le Samu Social, 5391 femmes ont appelé au moins une fois le 115 en 2016. Ce qui représente une hausse des appels de 66% en 10 ans. La situation est d’autant plus préoccupante que les femmes sans abri sont particulièrement vulnérables. Les places d’accueil sont rares et 1 femme sur 4 se retrouve chaque nuit sans solution d’hébergement.

Les femmes sans-abri très exposées aux violences

L’année dernière, le témoignage d’une ancienne sans-abri a beaucoup été relayé par les médias. Victime d’inceste, Anne Lorient a quitté le domicile familial à l’âge de 18 ans. « J’ai été violée 70 fois en 17 ans de rue », confie-t-elle. Dans son parcours, Anne Lorient raconte que ses agresseurs venaient de tous les milieux. Violée par un groupe d’hommes d’affaires à la Défense, elle l’a aussi été par un membre du personnel d’un centre d’hébergement. Quand ils sont mixtes, les centres d’hébergement peuvent eux aussi constituer un danger pour les femmes sans-abri.

En marge de la société, ces femmes sont vues comme des corps à disposition. Dans l’imaginaire collectif, l’espace des femmes est celui du foyer et la rue, celui des hommes. Une femme dans la rue appartient donc aux hommes.
Il est très difficile pour les femmes sans-abri de porter plainte pour des violences sexuelles car elles sont moins crues et moins considérées.

Des stratégies pour éviter les agresseurs

Pour éviter les violences, les femmes sans-abri ne cessent d’élaborer des stratégies pour faire fuir les agresseurs. D’après la doctorante en sociologie, Audrey Marcillat, elles se « masculinisent » pour effacer leurs attributs féminins. Elles doivent se cacher aux yeux des potentiels agresseurs et se rendre invisibles. À l’inverse, d’autres femmes sans-abri soignent leur apparence pour se fondre dans la masse et éviter d’avoir l’apparence d’une sans-abri. Toujours selon Audrey Marcillat, « les femmes sans-abri retardent plus longtemps que les hommes la phase stigmatisante de l’étiquetage ». Pour les femmes sans-abri, le sentiment de honte est d’autant plus palpable car sa situation l’éloigne des normes sociales et genrées. 

L’année dernière, une autre pétition lancée par Sarah Frikh sur Change.org interpellait le gouvernement pour demander davantage de centres d’hébergement pour les femmes sans-abri. Elle a recueilli 230 000 signatures. 

Clémentine Vagne @LaboDeLaLegiste

Sources :

1. Femmes SDF : les invisibles, Alternatives Économiques.
2. "J'ai été violée 70 fois en 17 ans de rue" : le grand tabou des agressions sexuelles sur les femmes SDF, France TV Info.
3. Femmes SDF : de plus en plus nombreuses et pourtant invisibles, Audrey Marcillat, The Conversation.