#PayeTaPlainte : des centaines de femmes victimes racontent

Voici des centaines de témoignages de femmes et d’hommes ayant été victimes ou témoins d’une mauvaise prise en charge par les forces de l’ordre lors d’un dépôt de plainte pour violences sexistes ou sexuelles. Ces témoignages ont été récoltés par le Groupe F et Paye ta Police en 10 jours seulement. Ils sont classés par thématiques et par ordre chronologique (du plus récent au plus ancien).

Le Groupe F est un groupe d’action contre les violences sexistes et sexuelles. Rejoignez-nous pour agir !


Retrouvez les témoignages :

      1. Refus ou découragement de prendre la plainte et culpabilisation de la victime
      2. Remise en cause de la gravité des faits
      3. Culpabilisation de la victime
      4. Solidarité avec l'agresseur
      5. Homophobie, transphobie, racisme ou propos discriminants sur le handicap
      6. Moqueries, remarques ou comportements sexistes
      7. Mauvaise connaissance du comportement de la police
      8. Bienveillance de l'équipe

1. Refus ou découragement de prendre la plainte et culpabilisation de la victime

« J’ai voulu déposer plainte pour harcèlement, il m’a fallu insister 8 fois dans différents commissariats et gendarmerie pour que ma plainte soit reçue. », 2018

« Le commissariat m’a dit qu’il ne prenait pas ce « genre de plainte ». C’était pour viol. », 2015

« J’ai voulu porter plainte, on m’a rétorqué qu’il n’était pas possible de mener des investigations car « ça coutait de l’argent»», 2018

« Suite à des insultes homophobes et menaces de mort de la part de mon ex-conjoint, j’ai voulu porter plainte. Refus. », 2017

« J’ai voulu porter plainte pour violences conjugales. On m’a plusieurs fois découragée en me conseillant de déposer une main courante. », 2017

« Mon premier passage en gendarmerie pour porter plainte pour harcèlement sexuel que je recevais s’est soldé par un échec : on m’a dit de revenir quelques jours plus tard car personne ne pouvait me recevoir. », 2017

« J’ai été harcelée sexuellement sous le regard d’agent de la SNCF dans le RER. Le commissariat a refusé la plainte. », 2017

« Je suis allée porté plainte pour harcèlement. Plainte refusé par les gendarmes. J’ai donc écrit au procureur qui a enregistré ma plainte. Vient ensuite des mois plus tard ma convocation à la gendarmerie, Je m’y rends raconte mon histoire au gendarme et il me dit : Vous êtes sûr de vouloir porter plainte ? Vous n’avez pas peur des représailles ?», 2017

« Après une pré-plainte en ligne pour viol, je me suis rendue au commissariat à l’heure prévue sur ma pré-plainte. On m’a dit qu’on n’avait pas le temps de s’occuper de moi, de revenir plus tard. Lors de mon second passage, le policier m’a demandé : « Êtes vous vraiment sûre de vouloir porter plainte puisque vu votre dossier, il sera classé sans suite par le Procureur»», 2017

« Lorsque j’ai demandé à porter plainte pour agression sexuelle, le policier m’a expliqué que la plainte n’aboutirait pas, qu’il fallait déposer plutôt une main courante. », 2016

««Vous n’avez aucune preuve. Retournez chez vous et revenez quand vous en aurez ». », 2016

« J’ai voulu porter plainte pour vol. Ils ont demandé à vérifier mon taux d’alcoolémie (deux fois !) avant d’accepter finalement de prendre ma plainte. », 2016

« Le lendemain d’un rassemblement festif dans lequel une mineure avait été victime d’une agression, la gendarmerie a refusé de prendre la plainte, pretextant que le rassemblement n’était pas déclaré. », 2015

« J’allais pour porter plainte contre mon beau-père pour attouchements sexuels sur mineure et violence physique et verbale. J’avais demandé à ma compagne de l’époque de m’assister dans cette procédure.La femme qui m’a accueillie m’a demandé l’objet de cette plainte. Lorsque je lui ai précisé, elle m’a alors fait savoir qu’elle ne pouvait rien pour moi et que je devais déposer plainte dans la gendarmerie de ma commune. », 2015

« J’ai voulu porter plainte à propos de menaces que je recevais d’un client. On m’a dit qu’il n’y avait personne pour prendre ma plainte, il fallait revenir. », 2015

« Stoppée dans ma démarche, j’ai décidé 2 mois plus tard de retourner au commissariat. Le policier me dit qu’il y a trop de choses à démontrer et que ça n’aboutira jamais. », 2014

« Lors d’un dépôt de plainte pour violences conjugales, j’ai essuyé un refus de la policière qui m’a dit :«vous l’avez quitté maintenant ça ne sert à rien ». », 2014

« Je me suis rendue au commissariat pour une établir une main courante suite à des violences physiques de la part de mon compagnon d’alors. Le policier m’a expliqué que la main courante n’avait aucune valeur, et que ma démarche était inutile. Pas d’autre conseil. », 2014

« Je suis entrée dans commissariat pour violences de la part de mon petit ami. On m’a fait patienter. J’ai attendu vingt minutes sans qu on me propose quoi que ce soit. Mon petit ami m’attendait dehors et m’envoyait des SMS. Je suis ressortie pour éviter les ennuis. Personne ne m’a retenue. A une dame qui demandait pourquoi on me laissait partir à une policière qui lui a répondu « de toutes façons il recommencera»», 2014

« J’ai déposé une main courante pour violences, les gendarmes ayant refusé de prendre une plainte («ça va être classé»). Le gendarme a essayé de me recontacter une semaine plus tard, par SMS. », 2014

« Mineure, j’ai voulu porter plainte après avoir subi des remarques à connotation sexuelle de la part d’ouvriers qui travaillaient sur le chantier à côté du jardin de mes parents. Refus de plainte. », 2014

« Venue déposer plainte pour mise en ligne d’un contenu personnel par une tierce personne (des photos de moi en sous-vêtements postées sur Facebook), je me suis vu refuser ma plainte au prétexte que je suis mineure et qu’il faut être accompagnée de ses parents. », 2014

« Lorsque j’ai voulu déposer plainte pour violences sexuelles, on m’a dit (de manière très respectueuse) qu’il n’y avait plus de place et qu’il fallait revenir dans un mois. », 2013

« Je venais déposer une main courante contre mon époux un dimanche matin avec mon bébé. On ne m’a même pas ouvert la porte. À l’interphone on m’a dit « on ne prend pas les mains courantes ici seulement les plaintes. Vous voulez porter plainte ?», « Non, je veux déposer une main courante, pas une plainte ». Alors, vous devez aller à … (30 km plus loin). », 2013

« Suite à des violences conjugales, le policier a refusé de prendre la plainte de ma belle-mère. Elle n’avait pas le certificat médical sur elle, d’où le refus selon lui. », 2012

« J’ai accompagné une amie mineure pour porter plainte pour harcèlement et risque de revenge porn. Après une attente d’une heure, après avoir du expliquer devant tout le monde les raisons de notre venue, nous avons été reçues. Cela a duré 20 secondes « sans les parents, rien à faire ». Nous avons été mises dehors sans plus de conseil, adresses ou paroles de réconfort. », 2012

« J’ai appelé la police pour qu’ils interviennent dans un appartement où nous entendions des bruits terrifiants. « On connait le monsieur. Ça ne sert à rien. La dame ne veut pas partir. Vous aller nous faire perdre notre temps ». Ils finissent par arriver, sirènes allumées (le monsieur a immédiatement arrêté). Ils repartent, sans avoir vu la victime : « elle a qu’à porter plainte.»», 2012

« Les policiers ont refusé de prendre ma plainte pour agression sexuelle. », 2011

« Après avoir déposé une main courante pour harcèlement moral (les faits étaient de la violence mais les policiers n’ont pas voulu prendre autre chose), j’ai appelé la police car l’agresseur tentait de rentrer chez moi. La police m’a dit que s’il n’était pas entré chez moi, ils ne pouvaient rien faire et n’allaient pas déplacer une voiture de patrouille pour ça. », 2010

« J’ai du me rendre 3 fois au commissariat pour pouvoir déposer plainte. », 2010

« Victime de violences par mon ex-conjoint, j’ai voulu porter plainte. Au commissariat, ils ne m’ont même pas reçu et ont refusé de prendre ma plainte me disant que je devais écrire au procureur de la république », 2009

«« Ça sert à rien de porter plainte pour ça dans le 93 ». Une policière, le jour ou j’ai voulu porter plainte contre mon ex petit ami qui s’etait montré violent pour la première et dernière fois.
Je suis partie sans insister. »
, 2009

« Je suis allée au commissariat expliquant que mon conjoint avait voulu me tuer. On m’a écouté puis demandé de signer un papier. C’était une simple main courante. Pas de plainte. », 2005

« Je voulais déposer plainte pour menaces et harcèlement de la part de mon ex. On m’a répondu que les femmes menacées étaient tellement nombreuses qu’il était impossible de faire quoi que ce soit et on m’a dit que ma plainte n’aboutirait pas, qu’il fallait faire une main courante », 1995

« J’ai été agressée physiquement dans ma boutique par plusieurs jeunes filles. Le commissariat a refusé de prendre ma plainte malgré les bleus », 1992

2. Remise en cause de la gravité des faits

« Le policier qui a pris ma déposition a été très compréhensif et gentil. A un moment, il a seulement dit : « C’est pas trop grave » et quand il a vu que ça m’avait choqué, il a rectifié. », 2018

« Voulant porter plainte pour agression sexuelle sur ma fille de 3 ans, je suis reçue à la brigade des mineur.e.s par un agent qui enregistre ma plainte avec beaucoup d’attention. Pendant ce temps, son collègue de bureau commente « ma fille aussi a 3 ans : à cet âge là ils racontent des bêtises »», 2018

« Victime de revenge porn, j’ai eu droit à une petite tape sur l’épaule : « allez tentez de vous reconstruire ». Pas de plainte. », 2018

« Je souhaitais déposer plainte pour non présentation des enfants de la part de leur père. Le policier qui m’a reçue a refusé de prendre ma plainte sous prétexte que ce n’était pas une raison. J’ai fini par déposer plainte auprès du Procureur de la République : ma plainte a été reçue et suivie de faits. », 2017

« J’ai été victime d’une agression antisémite dans le cadre de mon travail. Lorsque je suis allée portée plainte, encore sous le choc, j’ai du insister pour que le policier prenne ma plainte car il a considéré que ma plainte ne servait à rien et que je n’étais pas assez « amochée ».», 2017

« J’ai accompagné une amie porter plainte pour agression sexuelle. Nous avons été reçue par un policier, à qui mon amie a décrit ce qu’il s’était passé. L’homme nous a dit qu’il n’y avait pas motif à plainte puisqu’il n’y avait pas de pénétration. », 2017

« Après qu’un homme se soit masturbé sur mon amie et moi dans un bus, nous nous sommes rendue au commissariat pour porter plainte. La policière nous demande si l’homme nous a touchées. On répond que non, elle nous dit que dans ce cas ce n’est pas un délit et on ne peut pas porter plainte. », 2017

« J’ai voulu porter plainte pour tentative de viol. Le policier a refusé, me disant que c’était pas vraiment une tentative de viol ni du harcèlement, que c’est son métier quand même. », 2017

« Venue déposer plainte pour un viol commis par un homme avec qui j’avais déjà eu un rapport sexuel consenti, j’ai été rapidement découragée par la policière qui m’a accueillie. « Ce n’est pas un viol», m’a t elle dit, avant de me reprochée d’être soumise à des influences de personnes extérieures. Il aura fallu que j’insiste pour que la policière accepte de prendre ma plainte, après m’avoir suggéré d’aller « plutôt voir un psy ».», 2017

« Lors d’une plainte pour viol en réunion, la personne qui m’auditionne dit à sa collègue « elle a été violée a 7h elle vient que 10h après, qu’est ce qu’elle a fait toute la journée ? J’y crois pas ». Elle me dit « il faudra assumer pendant le procès devant eux et ils auront des arguments de défense, ils vous rateront pas ».», 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol, le policier a demandé l’avis de ces collègues pour s’assurer que la déposition était complète. L’un d’entre eux a dit : « c’est juste une pénétration digitale ?! »», 2016

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle, la personne qui m’a reçue était très compréhensive. 6 mois après, quand je suis retournée pour prendre des nouvelles, on m’a expliqué que l’agresseur étant dérangé mentalement, rien ne pouvait être fait. », 2016

« J’ai voulu porter plainte pour violence sexuelle. Premier commissariat : refus de plainte. Dans le deuxième, à l’accueil, on m’a demandé d’expliquer les faits devant tout le monde. La policière m’a dit : « mais est ce que c’est un viol ou est ce que ce n’est pas un viol ?». Ils m’ont expliqué que recevoir des coups durant un acte sexuel n’était pas catégorisé comme une « violence sexuelle ».», 2016

« Après un passage à l’hôpital suite à un viol, je me suis rendue au commissariat. Le policier qui m’a reçue m’a dit : « Oui et bien en fait il a profité de vous c’est ça ?». Il n’a pas pris ma plainte », 2016

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle, la policière m’a dit que ce n’était pas une agression car il ne m’avait « pas touché les seins ». Ça s’est fini par une main courante. », 2016

« Venue déposer plainte pour agressions sexuelles et viol intrafamiliaux commis dans mon enfance, j’ai été rapidement accompagnée dans un service spécialisé. Malgré ma demande d’être auditionnée par une femme, j’ai été reçue par un enquêteur qui n’a cessé de lever les yeux au ciel et de décrédibiliser mon vécu. », 2016

« Dépôt de main courante pour tentative d’agression sexuelle. Un policier, au moment de prendre la déposition : « Enfin bon, c’est pas grave, c’est pas non plus un viol. Le prenez pas mal mademoiselle ». Tout ça dans le hall du commissariat. », 2016

« Lors d’un dépôt de plainte, prise par un policier très bienveillant, une de ses collègues rentre dans la pièce. Elle entend « agression sexuelle » et s’exclame : « Oh ! Bah ça va, ce n’est pas un viol !»», 2015

« Victime de violences sexuelles, j’ai déposé plainte. L’adjudante de la gendarmerie, profitant de mon absence, a signifié à mère qu’elle ne me croyait pas. Elle a plus tard convoqué ma meilleure amie, sans que je sois mise au courant, et réitéré ses accusations de mensonge envers moi. J’ai perdu cette amie, ses parents refusant de toute façon que je vienne chez eux. Plainte classée sans suite. », 2015

« A l’occasion d’une plainte pour viol, la policière m’a dit : « C’est pas ça un viol. Tu sais un viol c’est tard la nuit, dans un parking par exemple, par un inconnu armé ». Refus de plainte », 2015

« Ma plainte pour viol a tout simplement été refusé. Les paroles prononcées furent : « Désolé mais ce n’est pas légalement un viol votre plainte est irrecevable. Et l’agression sexuelle étant impossible à prouver, votre plainte ne servirai à rien»», 2015

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle, entendu de la part du policier : « faut relativiser ce n’est qu’une main aux fesses, y’a pire… »», 2015

« J’ai voulu porter plainte après qu’un homme m’ait agressée dans le RER B. Refus dans deux commissariats », 2014

« Malvoyante, je me suis rendue au commissariat pour porter plainte après m’être faite insultée et tapée dans la rue. La policière a dit : “le handicap de Mademoiselle n’est pas visible, donc non, il n’y a pas violences aggravées.”», 2014

« J’ai passé huit heures au commissariat, juste après un viol. Sans aucune proposition de soutien, d’aide ou de repos. Le viol a été requalifié en agression sexuelle, directement. », 2014

« J’ai voulu porter plainte pour harcèlement et violences. Sous prétexte qu’il n’y avait pas de menace de mort, le commissariat a refusé ma plainte. Quelques jours plus tard, un policier est venu s’excuser et prendre ma plainte à domicile. », 2013

« A propos d’une agression sexuelle : « Est ce qu’il vous a frappé ? Non ?? Ah bah c’est pas grave alors»», 2013

« Je me suis rendue au commissariat afin de connaître les possibilités d’actions contre un homme qui louait un studio contre des rapports sexuels. Le policier a bien voulu prendre une main courante, me disant : « c’est pas comme si on vous avait violée, quand même!»», 2013

« Je suis venue déposer plainte pour harcèlement sexuel. J’ai demandé à parler à une policière et cela m’a été refusé. Il m’a été dit que rien ne serait fait car ce n’était « que des jeux d’enfants ».», 2013

« J’ai du insister à plusieurs reprise pour déposer une main courante pour des faits de harcèlement. Les policiers m’ont fait comprendre que je leur faisais perdre leur temps. », 2012

« J’ai été harcelée pendant plusieurs années par mon ex-conjoint. A chaque fois que je faisais appel à la gendarmerie, on me disait « on va passer le voir et faire un rappel à la loi » et on me conseillait de fermer ma porte à clé. », 2012

« Lorsque j’étais au lycée, j’ai subi une agression sexuelle de la part d’un ancien camarade. Je suis allée déposer plainte le soir même. Mon témoignage a sans cesse était remis en question par les policiers et j’ai subi une confrontation surprise avec mon agresseur alors qu’on ne m’avait initialement donné rendez-vous que pour récupérer des affaires. Plainte classée sans suite pour faute de preuves alors que je leur avais montré des traces de griffures et des messages haineux. », 2012

« Victime d’attouchements sexuels, j’ai porté plainte le soir même. J’ai fourni à la police de nombreuses preuves : les griffures sur mon bas ventre, le message humiliant sur la pilosité de mon pubis que mon agresseur m’a envoyé après l’agression, la photo de moi en sous-vêtements qu’il a prise et diffusée dans mon lycée. Plainte classée sans suite pour « absence de preuve ».», 2012

« Adolescente, un garçon de mon collège m’a fait subir des attouchements en me raccompagnant chez moi. Quelques jours plus tard, une de mes amies m’appelle en pleurs car elle a subit les mêmes attouchements du même garçon. Nous décidons d’aller porte plainte. Les policiers ont refusé de prendre notre plainte en nous disant que nous étions trop jeunes pour comprendre ce genre de choses, que c’était des trucs d’ados et qu’il ne fallait pas s’affoler. Nous avons finalement abandonner. », 2010

« J’ai tenté de porter plainte pour violences sexuelles, mais je n’ai pas réussi. J’ai été renvoyée d’un service à un autre, on m’a demandée de revenir un autre jour, on m’a fait attendre, personne n’avait le temps. En tout, j’ai eu 6 interlocuteurs différents, qui m’ont tous dit des choses différentes. Finalement, j’obtiens un entretien avec un policier qui fait preuve de beaucoup de mépris. N’ayant pas le matériel nécessaire sous la main pour faire une saisi, il s’empare d’une feuille volante, puis débute ses questions brutales en soupirant. Au début de l’entretien, j’avais précisé que je souffrais de narcolepsie post-traumatique et que je risquais de faire un malaise, ce qui s’est effectivement produit. Je me suis réveillée aux urgences psychiatriques. Entourée de médecins me demandant si je faisais souvent ce genre de « crises d’angoisse ». Suite à cela, la police a tout simplement refusé de me recevoir. », 2010

« Victime d’un agresseur sexuel dans le bus, j’ai couru me réfugier au commissariat. L’officier qui m’a accueillie m’a expliqué que puisqu’il n’y avait pas eu pénétration, il n’allait pas pouvoir prendre de plainte. « Une main courante à la limite, a-t-il concédé. Et encore, j’y crois pas vous savez ». Deux jours plus tard, le policier me rappelle…pour me proposer un rencard et me harceler jusqu’à ce que je bloque son numéro. », 2010

« Victime d’une agression sexuelle, j’ai voulu aller déposer plainte le lendemain. Accueillie par une policière qui n’a pas levée la tête, elle m’a demandé s’il avait été violent, s’il m’avait frappé ou craché dessus. « Non. Alors il vous a juste peloté, c’est rien, on va pas prendre une plainte pour ça.»», 2007

« J’ai voulu déposer une main courante pour des violences conjugales et familiale, mon compagnon nous frappait ma fille et moi. Le gendarme a refusé de me faire rentrer et m’a demander de bien réfléchir et de revenir le lendemain. », 2005

« J’ia voulu porter plainte pour violences conjugales. Tous les mots que j’utilisais étaient reformulés et banalisés. A la fin, il s’agissait d’une « dispute conjugale»», 2005

« Mineure, j’ai été agressée sexuellement. Lorsque j’ai voulu porter plainte, la personne qui m’a reçu n’a pas réussi à contacter quelqu’un de la brigade des mineur.e.s. Il a du prendre ma plainte mais n’était pas du tout formé pour cela. », 2004

« Dans le rapport écrit lors de mon dépôt de plainte : « Ne semble pas très affectée par son agression ».», 2004

« J’avais 13 ans, je venais d’être victime d’attouchements sexuels au collège … Je me suis déplacée à la gendarmerie avec ma mère, réponse du gendarme : vous savez, si on prend votre plainte, sincèrement ça n’ira nul part… Vous n’avez pas de marques. », 2001

« J’ai été menacée par le mari violent d’une amie que j’avais aidée pour son divorce. Je suis allée avec une collègue témoin pour déposer plainte au commissariat. Il était 11h50. L’agent de service m’a répondu : « non, mais, vous avez vu l’heure ? C’est le moment du casse-croûte, revenez cet après-midi.»», 1999

3. Culpabilisation de la victime

««Mais vous étiez consentante», entendu à l’occasion d’une plainte pour viol. », 2018

« Lors d’une soirée pendant laquelle j’étais très alcoolisée, donc incapable de donner un quelconque consentement, un inconnu m’a violée. Le lendemain, j’ai consulté mon médecin, qui m’a orientée vers le commissariat spécialisé. Après avoir du exposer mon cas publiquement à l’accueil, j’ai été reçue par des policiers qui m’ont incitée à ne pas déposer plainte à cause d’une prétendue « zone grise ». L’un d’eux a tenu des propos dérangeants : « ça reste un homme, si vous étiez ivre et aguicheuse, pas étonnant qu’il ait tenté sa chance » ou encore « ça vous arrive souvent de vous offrir de cette manière à des inconnus ?».», 2018

« Lors d’une plainte pour viol sur mineur, les policiers à l’accueil m’ont demandé « Pourquoi portez-vous plainte seulement 10 ans après ?». L’officière qui s’est chargé de la plainte était au contraire très professionnelle : pas de jugement, bienveillance. », 2018

« Venue déposer plainte avec deux amies pour violences sexuelles et viol pour l’une d’entre nous, on nous a accusées de ne pas être venues plus tôt. Lorsque qu’une de nous a demandé à être reçue par une femme pour raconter le viol dont elle avait été victime, les policiers ont refusé. Nous nous sommes senties très gênées et jugées. », 2018

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol : « Mais vous êtes sûre de ce qu’il s’est passé ?» « mais enfin faut pas sortir seule la nuit » « on va pas faire une plainte mais une main courante contre x de toute façon»», 2018

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle de la part d’un collègue, le policier m’a dit : « bah quoi vous n’allez pas gâché sa vie pour ça»», 2017

« Agressée sexuellement par un médecin, j’ai été prise en charge par une policière qui m’a dit faire partie de ses patientes. Sceptique, elle m’a dit : « on ne peut rien faire tant qu’il n’y a pas d’autres accusations concernant ce médecin ».», 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol, la policière m’a dit : « Vous êtes sûre que vous avez dit non, et qu’il vous a entendue ? Vous savez, ça peut être traumatisant pour quelqu’un de se retrouver en garde à vue pour viol. C’est grave.»», 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour harcèlement sexuel au travail, j’ai été bien reçue par une première policière. La deuxième était méprisante. Quand je lui ai expliqué avoir dit à 5 ou 6 reprises « Arrête » à mon collègue, elle m’a dit « Oui mais après, vous n’avez pas redit « Arrête » donc je note « Après je n’ai pas redit « Arrête ». Je me suis mise à pleurer, elle m’a montré l’affiche de la psy du commissariat en me disant « Je ne suis pas psy. La psy, c’est là ! ». Lorsque je lui ai dit que j’avais des arrêts maladie et des attestations, elle m’a dit qu’elle ne prenait que les attestations de témoins directs. », 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol, le policier m’a expliqué qu’il n’avait vraiment pas bon espoir que ma plainte puisse donner quoique ce soit, puisque je n’avais pas fui, ou crié. Il m’a demandé si je souhaitais maintenir cette plainte, sachant que je serais confrontée à ce violeur et que je n’aurais aucune chance que ça aboutisse. J’ai préféré ne pas aller plus loin et simplement faire un signalement. », 2017

« J’ai déposé plainte contre mon ex pour atteinte a la vie privée par captation et diffusion de photos personnelles que je lui avais envoyées. Le positif : le policier qui a pris ma plainte a fait preuve d’une grande compassion. Le négatiF : sa collègue qui m’a culpabilisée de bout en bout, arguant que j’étais responsable de ce qui m’arrivait. », 2017

« J’ai voulu porter plainte pour des violences. A la gendarmerie, on m’a dit : « vous vous êtes jetée dans la gueule du loup aussi», « votre plainte n’aura pas de suite de toute manière ». Après avoir donné le nom de l’agresseur, le gendarme regarde son profil Facebook et me dit « oh pourtant, c’était un bon parti !»», 2017

« Violée par un proche, j’ai désiré déposer plainte. J’ai visiblement offusqué l’officier qui m’a reçue : « Vous êtes certaine de vouloir faire ça ? C’est votre ami quand même ! «», 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour violences conjugales, à propos du fait que je demandais à mon conjoint d’arrêter pendant le rapport et qu’il continuait : « ah oui mais c’est avant qu’il faut dire non, si vous dites oui avant c’est normal aussi»», 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol, le premier entretien a duré 3 heures. On m’a demandé pourquoi porter plainte un an après et pas tout de suite, combien de verres j’avais bu, si j’avais laissé croire des choses à l’agresseur comment j’étais habillée, s’il me plaisait, pourquoi je n’avais pas crié etc. Après la confrontation, on m’a dit : « Vos deux discours tiennent la route on ne sait pas qui dit vrai ».», 2017

« Victime d’attouchements sexuelles de la part du mari de ma grand mère quand j’avais 9 ans, et cela pendant des mois, je trouve le courage de porter plainte à 18 ans. Toujours traumatisée (j’ai peur des hommes, je ne supporte pas les contacts physiques…), je raconte cette histoire pour la première fois au gendarme. Il me demande si j’ai protesté. Je dis que non, que j’avais trop peur, j’étais trop petite. Il m’a répondu que ma plainte ne serait pas prise en compte car « si tu n’as pas protesté, c’est que tu étais consentante ». Je n’ai pas pu porter plainte et mon agresseur est toujours libre et dangereux. », 2017

« J’ai appelé la gendarmerie pour des faits de violences conjugales. Je raconte les faits. On me dit « Et quoi d’autre ». Le lendemain, un gendarme m’appelle me disant que cela ne se fait pas d’appeler la gendarmerie pour des « histoires de couples ». Un mois plus tard, je me rends physiquement à la gendarmerie pour porter plainte. « On ne prend pas de plainte pour un balai cassé»», 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour violences conjugales, le gendarme m’a rétorqué que j’avais trop bu, que c’était ma faute. », 2017

« J’ai été violée à 15 ans par un homme dans la rue tard le soir,
je suis direct allée au commissariat. J’ai raconté les faits. J’étais sous le choc. On m’a répété toute la soirée que c’était
impossible, que je mentais. A 4 heures du matin, à bout, j’ai fini par dire que j’avais menti pour pouvoir partir. »
, 2017

««Mais vous êtes au courant que vous pouvez dire non quand même ?», « Vous voulez vraiment porter plainte ?! Vous ne trouvez pas ça litigieux d’inviter un garçon chez vous dans cette tenue ?».», 2017

« Lorsque j’ai voulu déposer plainte pour viol, la policière m’a rétorqué devant tout le monde qu’il s’agissait d’une « relation consentie ». Je suis reçue par une seconde policière, qui me fait clairement comprendre qu’elle ne me croit pas. Ma place est classée sans suite au motif que son auteur était « inconnu ». Le nom et les coordonnées de mon violeur étaient pourtant stipulées dans ma plainte. », 2017

« Mineure, j’ai voulu porter plainte après qu’un homme se soit masturbé à côté de moi dans le train. Le policier m’a expliqué que je n’avais pas à prendre le train toute seule. Il a ensuite appelé ma mère pour lui expliquer qu’elle était une mère indigne. », 2017

« Dans le train, j’ai été agressée par un homme, qui a expliqué aux policiers m’avoir « confondue avec sa femme ». L’officière qui m’a reçue pour mon dépôt de plainte a cherché à minimiser les faits : « Ce n’est pas si grave. Et puis.. Il vous a peut-être vraiment confondu avec sa femme ». Juste avant de me renvoyer chez moi, elle m’a lancé : » je vais quand même préciser sur le procès verbal que vous êtes en robe «.», 2016

« Conduite au commissariat à la suite d’un viol, j’ai été reçue par une policière. Encore sous le choc, mes sanglots entravaient ma parole et elle s’est agacée : « On ne va quand même pas y passer la nuit ?». Je me suis sentie tellement mal que j’ai fini par annoncer que je ne déposerai pas ma plainte. Et me suis pris un nouveau jugement : « Donc vous m’avez juste fait perdre mon temps ?»
»
, 2016

« J’ai été violée par mon conjoint. En arrivant au commissariat, on m’a prise de haut , sous-entendant que j’inventais les faits. On m’a dit d’aller voir un commissaire spécialisé dans ces affaires là. », 2016

« Lors de ma déposition à propos d’un viol, on m’a questionnée : « Avez-vous dit non à voix haute ? – Non j’avais trop peur – Donc vous êtes restée complètement passive ? Vous vous êtes laissée faire ? ». », 2016

« J’ai voulu porter plainte pour violences conjugales : « vous allez lui ruiner la vie, le pauvre», « ce n’est pas grand chose», « pensez à vos enfants ».», 2016

« Venue déposer plainte pour exhibition sexuelle par un covoitureur, j’ai été choquée de la réaction de l’officier de police judiciaire, qui m’a demandé si je n’avais pas « fait quelque chose pour l’encourager à se masturber devant moi ».», 2016

« 3 femmes vont au commissariat pour porter plainte pour agression sexuelle. L’agente qui vient les chercher soupire et dit : « J’en prends une, celle qui a été le plus embêtée.Vous êtes trois, c’est bizarre »
« Votre métier ?» « Modèle. » La fonctionnaire lève les yeux au ciel. « Il fallait s’y attendre, alors», lâche-t-elle, avant de héler un collègue : « Ça te botte, une affaire d’agression sexuelle ?» Le policier interroge la victime, s’impatiente devant la somme de détails, puis tranche : « On ne peut pas prendre de plainte. » Elle ne comprend pas. « Votre histoire, ce n’est pas un gars dans le métro qui vous attrape un sein», s’énerve-t-il. Au vu du nombre de modèles concernés, vingt-cinq, il y a urgence. « Pas de plainte», répète le policier. »
, 2016

« Accompagnement d’une amie se rendant dans un commissariat pour viol. Le flic lui a répondu que ce n’était pas un viol car elle avait invité l’agresseur chez elle. », 2016

« J’ai voulu porter plainte pour revengeporn. On m’a déconseillé de le faire, me disant que c’était grave de porter plainte si les faits n’étaient pas avérés (j’avais les photos). On m’a également fait comprendre que j’étais responsable de ce qui m’arrivait. », 2016

« Suite à une agression, j’ai voulu porter plainte. Le policier m’a dit : « Vous étiez en jupe ? Et vous ne l’avez pas un peu cherché non ? »», 2016

« Lors d’une plainte pour vol et agression, le policier m’a dit que je n’étais pas si traumatisée que ça et qu’il fallait que je m’en remette », 2016

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol, les policiers ont affirmé que je n’avais pas subit de viol puisque je ne m’étais pas débattu. Il m’ont dit que selon la loi, ce n’était pas un viol. Ils m’ont déconseillé de porter plainte : « ça pourrait se retourner contre vous»», 2016

« À 17 ans, j’ai été victime d’une agression sexuelle commise par le grand frère d’une amie. Les policiers qui m’ont reçu m’ont expliqué qu’à mon âge, j’aurais dû être capable de me défendre. », 2016

« Ma déposition fut la chose la plus gênante et humiliante que j’ai eu à faire autre que l’agression. Je m’en voudrai toujours d’avoir voulu déposer plainte. », 2016

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle : « Et vous étiez habillée comment ?», suivi de propos minimisant l’agression. », 2016

« Violée à plusieurs reprises par mon supérieur hiérarchique, j’ai également subi des tentatives d’intimidations de la part de la présidente de la structure, désireuse d’étouffer l’affaire. Lors de l’audition, les policiers ont remis en cause ce que je disais, m’ont culpabilisée et ont refusé de verser à mon dossier les témoignages et certificats médicaux que j’avais apportés. », 2016

« J’ai voulu porter plainte pour viol. Perdue, je dis au policier que je ne sais pas quoi faire. Il m’a répondu « pour commencer il ne faut pas traîner avec des mecs comme ça ». Lors de la reconstitution, on m’a demandé pourquoi je n’avais pas crié. », 2016

« Lorsque que j’ai voulu porter plainte pour un viol survenu aux USA, on m’a demandé pourquoi avoir attendu. C’était 2 jours après. », 2016

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol : «“votre ex, c’est un violeur ? Pourquoi avez vous ramené un violeur chez vous ?»», 2015

« Le policier qui m’a reçue pour une plainte pour agression a commencé par : « c’est le moment incontournable où je dois vous faire la morale», enchainant sur ma tenue et le fait que j’ai suivi un inconnu. », 2015

« Entendu lors d’un dépôt de plainte pour violences conjugales : « nous ne sommes pas ici pour régler les scènes de ménage ». Je suis rentrée chez moi. », 2015

« J’ai réussi à quitter mon conjoint violent. Après 2 mois de menaces et de harcèlement, j’ai décidé de porter plainte. La policière qui m’a reçue : « il faut des ruptures dans la vie», « c’est pas la peine de venir porter plainte pour ça», « ça va passer», « tant qu’il n’a pas mis en exécution ses menaces on ne peut rien faire ».», 2015

« Venue déposer plainte pour viol, aucune des questions qui m’ont été posées ne concernaient mon agresseur. Leur seul intérêt était de savoir si j’avais bu et si je l’avais « provoqué ».», 2015

« J’ai voulu porter plainte pour viol sur mineure. J’étais accompagnée de ma mère, à qui les policiers ont dit qu’à mon âge les filles mentaient tout le temps et qu’il ne s’agissait ni plus ni moins que d’une « querelle d’amoureux ». Ils m’ont dissuadée de porter plainte. », 2015

« Lorsque j’ai voulu porter plainte après m’être réveillée dans un parc, avec du sang dans ma culotte et aucun souvenir de la veille, les policiers m’ont dit : « quand on ne sait pas boire, on ne boit pas ». Lorsqu’il a été question d’analyses médicales : « si on devait faire ça à chaque fille qui se réveille dans la rue, on n’aurait pas fini ! ».», 2015

« J’ai voulu porter plainte pour agression. On m’a conseillé d’éviter de coucher avec n’importe qui, d’éviter de boire et de sortir la nuit. », 2015

« Victime d’un exhibitionniste alors que je faisais mon jogging, le policier m’a demandé comment j’étais habillée. Comme si cela avait un rapport avec la violence subie. », 2015

« Harcelée par cinq de mes voisins, violée par deux d’entre eux, j’ai eu droit à ce commentaire de la part de la police : « ça c’est bien la nouvelle génération, on ne se méfie de rien, on va boire un café chez n’importe qui et après on vient se plaindre ».», 2014

« Le capitaine qui s’est occupé de mon affaire : « vous exagérez pas un peu avec votre histoire de viol ?», « je pense qu’il vous aimait, mais qu’il vous aimait mal»», 2014

« J’ai dit non à un rapport sexuel et j’ai reçu pour réponse trois coups de pieds dans la tête. Lors de mon dépôt de plainte, au commissariat (après avoir attendu 2 heures dans la salle à côté de l’agresseur qui me menaçait), les flics m’ont fait comprendre que si je l’avais amené chez moi et qu’on avait eu un rapport, j’étais consentante et je l’avais bien cherché. Plainte classée sans suite. », 2014

« Je suis allée porter plainte pour viol sur mineure. Le gendarme m’a dit que je n’étais qu’une « petite merdeuse » et que ça avait du me « remettre les idées en place», que c’était « que du positif » donc que la plainte n’avait « pas lieu d’être ». J’ai été violée à nouveau depuis. Je n’ose plus aller porter plainte. », 2014

« J’ai expliqué au gendarme que j’ai été victime de pédophilie dans mon enfance, et que je voulais porter plainte contre l’auteur des viols. Il a jugé que je n’avais pas assez de souvenirs sur le sujet, et ne m’a pas cru. », 2014

« Dépôt de plainte pour multiples agressions, viol. La policière, après une heure d’audition : « bon bah maintenant, il va falloir apprendre à dire non ».», 2014

« Plainte contre mon ex pour violences conjugales et harcèlement. Quand j’ai d’une des agressions que j’ai subi dans l’espace public l’une des enquêtrice s’est exclamé « Mais pourquoi tu t’es pas défendu ?»», 2014

« Au commissariat de police la bienveillance et l’écoute étaient au RDV. Mon dossier a été transféré en gendarmerie et là mon mari a été convoqué et vu son statut le gendarme a misé sur la compréhension. Je me suis sentie accusée.Un gendarme m’a jeté des regards noirs et le seul à entendre a estimé que mon mari avait compris », 2013

« Ma fille a été cuisinée par un policier alors qu’elle venait porter plainte pour attouchements sur mineure. Aucun soutien, aucune aide ne lui a été proposée. », 2013

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle, le policier :
– pourquoi vous étiez seule à 3h du matin dans ce quartier ?
– comment vous étiez habillée ?
– est-ce que vous avez fait quelque chose qui laisse penser à l’auteur des faits que vous pouviez être intéressée ?
– pourquoi vous n’avez pas crié ?
– pourquoi vous ne vous êtes pas défendue ?
– vous savez qu’un faux témoignage est passible de poursuites ?
– vous êtes sûre que ce n’est pas un malentendu ?»
, 2013

« J’ai été violée par mon conjoint. Lorsque j’ai voulu porter plainte, on m’a dit que ce n’était pas possible : « se plaindre après, c’est trop facile»», 2013

« J’ai été droguée et violée lors d’une soirée. Lors de mon dépôt de plainte, les policiers m’ont expliqué que c’était normal, qu’un homme ne « sait pas s’arrêter » et ont remis en cause mes déclarations, jusqu’à finalement me demander si je ne l’avais pas voulu. Ma plainte a été classée sans suites. », 2013

« J’ai voulu porter plainte pour agression sexuelle et violence après une soirée. A deux reprises, le policier me demande : « mais vous aviez bu en fait ? Non parce que vous lui avez peut être fait comprendre que vous vouliez le suivre si vous dansiez avec lui et que vous aviez bu ? «.», 2013

« Ancienne actrice porno, je suis allée déposer plainte pour viol. J’ai été reçue par un agent de police qui avait une bannière Jacquie et Michel sur son bureau, il m’a fait la morale pendant une demie heure pour me dire ce que j’encourais pour une fausse plainte .», 2013

« Victime d’un viol, j’ai tenté de porter plainte. J’ai été reçue par une policière, à ma demande. J’ai été amenée dans un bureau, où je devais décrire précisément les faits. La policière semblait remettre en question mes dires, j’ai senti le besoin de me justifier. Elle m’a remis un papier pour un rendez-vous avec un policier spécialisé. Je n’y suis jamais allée par peur d’être jugée et de devoir me justifier une nouvelle fois. », 2013

« Lors d’un dépôt de plainte pour violence sur mineure, on m’a dit : « et vous étiez habillée comme ça ?», avec un haussement de sourcil. », 2013

« Lors d’une expertise dans le cadre d’un dépôt e plainte pour viol : « vous êtes restée dormir à cette soirée… vous auriez pu rentrer chez vous plus tôt, pour ne pas prendre de risque ? Pourquoi être restée ? Vous vous mettez vous-même en danger…»», 2012

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle : « vous savez qu’avec cette plainte, vous risquer de détruire la vie (de votre agresseur) ? Il fait de grandes études quand même, vous êtes bien sûre de vous ?» », 2012

« A l’occasion d’une plainte contre un ex violent, les premiers mots du policier situé à l’accueil n’ont pas été adaptés. Il a exprimé une forme de dédain pour l’objet de ma venue quand son collègue s’est renseigné auprès de lui à ce sujet. Ça a été humiliant. J’ai eu la chance ensuite d’être accueillie par le commissaire qui a écouté mon histoire. Il m’a dit qu’il y avait suffisamment de matière pour porter plainte si je le souhaitais », 2012

« Venue pour porter plainte suite à une gifle donnée par mon ex-conjoint (en cours de séparation, nous vivions encore sous le même toit le temps de vendre l’appartement), les policiers m’ont alors « conseillé » de plutôt déposer une main courante, pour ne pas « lui faire d’ennui ». Ils ont insisté, m’ont fait culpabiliser en m’affirmant qu’on ne déposait pas plainte « pour si peu ». J », 2012

« Je suis allée au commissariat pour déposer une plainte pour tentative de viol dans le cadre de mon boulot. Je suis barmaid et le policier m’a répondu que travailler en jupe était une incitation au viol. », 2012

« Victime de viol à 16 ans, j’ai tenté de porter plainte 4 mois plus tard mais les policiers m’ont découragé disant que ça ne servirait à rien car impossible à prouver et en plus ils m’ont demandé si je ne l’avais pas provoqué », 2012

« J’ai été violée. Lors de ma tentative de déposer plainte, on m’a dit : « ah, mais vous aviez bu… forcément là… », « bon… vous étiez habillé comment ? », « il y a eu des témoins ? ». Puis j’ai clairement eu l’impression qu’ils faisaient tout pour me décourager de porter plainte « faudra interroger tous les gens du coin », « ce sera votre parole contre la sienne », « ce sera une procédure longue pour aboutir sur un non-lieu ». Au final, je suis repartie avec une main courante. Et uniquement parce que j’ai insisté. », 2012

« Lorsque j’étais au lycée, un homme m’a suivie puis m’a montré son sexe et s’est masturbé. Venue déposer plainte le lendemain, j’ai reçu un accueil très froid. Ma plainte a été prise néanmoins, mais on m’a reproché de ne pas me souvenir assez bien de son visage, puis on m’a demandé comment j’étais habillée, car « malheureusement ça n’aide pas ».», 2012

« A l’occasion d’un dépôt de plainte pour violences conjugales : « Vous n’avez pas de preuve qu’il est violent. Si on les croyait toutes, les femmes, on pénaliserait n’importe qui. C’est trop facile.»», 2011

« J’ai voulu porter plainte pour viol et actes de tortures ayant entrainé une infirmité. Les policiers m’ont expliqué qu’il s’agissait d’une « expérience sexuelle malheureuse » et que vu la discothèque en question, je devais m’attendre à des rencontres peu fréquentables. », 2011

« J’avais 12 ans lorsque j’ai été victime d’une agression sexuelle dans un parc public. Mon agresseur était majeur, mais c’est mon comportement à moi qui a interrogé les policiers : « ta tenue n’était pas trop provocante ?». J’ai du raconter 5 fois l’agression sexuelle. », 2010

« Enfant, j’ai été violée à plusieurs reprises par mon oncle. Quand, à l’âge de 18 ans, j’ai souhaité déposer plainte, les policiers ont refusé de l’enregistrer, parce que : « Cela pourrait gâcher sa vie ».», 2010

« Lorsque j’étais en quatrième, au cours d’un voyage scolaire, j’ai subi un viol en réunion. C’est mon collège qui a averti le commissariat, qui m’a convoquée. Les policiers qui m’ont interrogée m’ont filmée et se sont focalisés sur la manière dont je « me suis retrouvée dans la chambre des garçons ». Pour eux, au vu de mon style gothique, il était évident que mon attitude était en cause : « Il faut que tu t’attendes à ça ».», 2010

« Venue déposer plainte pour viol, j’ai été reçue, à l’accueil, par un policière qui, devant d’autres personnes extérieures au commissariat, m’a demandé : “ Vous êtes sûre que c’est un viol ? Pour que ce soit un viol il faut qu’il y ait pénétration”. Le policier qui a pris ma déposition m’a demandé de lui décrire ma tenue, et quand j’ai cherché à connaître la pertinence de cette demande, il m’a répondu que nombreuses étaient les « filles qui racontent n’importe quoi, parce qu’elles n’assument pas d’avoir trompé leur copain ou qui regrettent d’avoir couché avec ce gars là parce qu’il n’est pas populaire.” Pour conclure l’audition, il a tenté de me faire revenir sur ma plainte au prétexte que JE gâcherai la vie d’un homme « juste pour un viol ».», 2010

« Dépôt de plainte pour viol de la part de mon voisin. « Forcément, une femme seule qui va boire le café chez un homme seul ! » ‚«Pourquoi n’êtes-vous pas partie ? » « Vous vous rendez compte que ce Mr peut perdre son emploi à cause de vous ? » « Moi je me serai débattu !».», 2010

« Victime d’un ex mari violent, je me suis vue reprocher par les policiers de leur faire « perdre du temps avec des choses anodines»», 2010

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol sur mineure, les policiers ont demandé à ma mère si je n’avais pas attisé le comportement de l’agresseur. », 2010

« Lors d’une plainte pour viol, pendant toute la durée de ma déposition, l’officier essayait de me faire dire que j’avais simplement trompé mon copain, que j’avais moi dragué le violeur pour coucher avec lui, mais que maintenant je voulais juste couvrir les traces. Pas une seconde je n’ai été prise au sérieux ni respectée. J’ai alors demandé à parler à une femme plutôt qu’un homme, ce qui m’a été refusé. », 2009

« Lors d’un dépôt de plainte pour harcèlement et menaces de mort, le policier a refusé de prendre ma plainte. J’ai insisté. Il m’a demandé depuis combien de temps cela durait : je lui dis 5 ans. Réponse : « vous n’êtes pas un jour prêt !»», 2008

« J’avais 15 ans à l’époque. Je voulais porter plainte pour tentative de viol de la part de mon ami. J’ai eu le droit à « Vous étiez habillée comment ?», « mais vous l’aimiez non ?», « vous deviez en avoir envie ?»», 2008

« La femme qui prend ma plainte me dit : « donc vous portez plainte pour quoi ? ».. Moi « Je ne sais pas, je n’ai jamais porté plainte ». Elle, avec un ton et un regard accusateur dont je me souviens encore 10 ans après : « Bah je sais pas, vous portez plainte pour viol, c’est ça ?», 2008

««Ne l’écoute pas, elle vient d’un lycée de menteurs. » Quand je venais porter plainte pour viol. », 2007

« Dépôt de plainte pour violences conjugales : on m’a expliqué qu’il y avait peut-être des raisons qui expliquaient son comportement. Refus de plainte, simple main courante. », 2006

« Venue déposer plainte pour viol en réunion, j’ai été reçue par une policière manquant de tact et de compassion. Elle a accusé mes parents de négligence pour ne pas m’avoir forcée à déposer plainte plus tôt. », 2005

« Lors d’une plainte parce qu’un homme se masturbait dans le hall de mon immeuble, le policier m’a dit que je n’avais qu’à regarder ailleurs. », 2001

« Lors d’un dépôt de plainte pour viol sur mineure, après de nombreuses questions, le policier m’explique que je ne suis pas venue avec le sperme entre les jambes et qu’on ne sait pas si je l’avais aguiché. », 1996

« Lors d’une audition suite à un viol en réunion sur mineure, on m’a expliqué que ce n’était pas un viol car j’avais suivis les agresseurs et je n avais pas de traces physiques. J’avais déjà une vie sexuelle et ils m ont fait la morale et traité de menteuse. », 1995

« J’ai été violée à 14 ans. Quand j’ai voulu porter plainte, un policier a dit « Comme si elle l’avait pas cherché»», 1994

4. Solidarité avec l’agresseur

« Venue déposer plainte pour viol, j’ai été convenablement reçue par l’équipe d’astreinte le 1er janvier. Malheureusement, l’équipe habituelle qui a pris le relais m’a appelée pour me reposer les mêmes questions plusieurs fois, ne pouvaient pas me proposer un bilan psychologique avant un mois et demi. A ce jour, aucune nouvelle. Ils m’ont dit qu’ils travaillaient sur « un dossier plus important ».», 2018

« Les policiers ont accompagné le conjoint violent à son ancien domicile pour « récupérer des affaires ». Il lui était pourtant interdit de s’en approcher », 2018

« A une amie, que son compagnon avait attachée avant de la pénétrer devant un groupe d’hommes » le policier a rétorqué qu’elle avait une « vision un peu farfelue du viol ». « Un viol, c’est pas ça», lui a-t-il soutenu : « Un viol c’est un inconnu dans un parking avec un couteau ». », 2017

« J’ai voulu porter plainte pour violences conjugales. Le gendarme m’a répondu qu’il ne voyait là que des chamailleries de couple. J’ai renoncé. », 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour violences conjugales, j’ai vu la policière appeler mon ex, discuter un moment avec lui, rigoler, raconter des blagues puis raccrocher et me dire que ce n’est qu’une simple dispute d’amoureux. Elle a refusé ma plainte et m’a montré la sortie. », 2017

« Venue déposer un renseignement judiciaire (équivalent main courante) contre mon mari, gendarme. J’ai pu voir l’un de ses collègues l’informer, via Facebook, de ma présence. Dans le même temps, le capitaine m’a rétorqué : « je ne vais quand même pas enregistrer quelque chose contre un collègue. Vous imaginez l’ambiance de travail après ?».», 2017

« J’ai voulu porter plainte pour menace de coups, de viol et de mort. Refus de prendre la plainte. », 2017

« Lors d’une audition suite à un dépôt de plainte pour viol : « c’est comme ça les garçons», remettaient en question mes paroles, me disaient « si il n’y a pas eu menaces ou de coups, c’est pas un viol», quand je leur ai montré l’une des cicatrices que mon ex-fiancé m’avait fait au poignet gauche avec ses ongles elles m’ont simplement répondu « c’est le côté sauvage des ébats», « Tu sais ce qu’il risque ? Qu’est-ce que tu attends de cette plainte ? C’est ta parole contre la sienne, on ne sait pas si tu dis la vérité»», 2017

« Harcelée par mon ex petit ami, je n’ai jamais pu déposer plainte contre lui. Chaque fois que j’ai essayé de le faire, les policier ont refusé de prendre ma plainte., m’expliquant qu’il s’agissait de « disputes banales en cas de séparation ». Il faut dire qu’ils connaissent mon ex, éducateur spécialisé dans le quartier. », 2015

« Après qu’un voisin a tenté de rentrer chez moi en tenant des propos salaces, je suis allée déposer plainte. Elle a été refusée, au prétexte que « c’était un vieux monsieur » et qu’il « n’était pas rentré chez moi ».», 2014

« J’ai voulu porter plainte pour agression sexuelle. Refus de la part du policier. Mon amie lui rappelle la loi. Il finit par accepter. Voulant aider l’enquête, je montre une photo (profil Facebook) de l’agresseur. « Oh ça va, il est mignon !»», 2013

« J’avais 12 ans. Victime d’un exhibitionnisme. Mes parents m’emmènent à la gendarmerie. Le gendarme « Bon, c’est embêtant, mais je pense pas que ça va te traumatiser, si ? T’as déjà dû voir un sexe d’homme, quand même ». 12 ans. », 2013

« Agressée sexuellement dans le métro, je me vois répondre par le policier qui m’accueille : « Vous savez, c’est Roubaix…» L’officier, constatant que l’on ne m’avait pas « donné de coup de couteau», me décourage de porter plainte : « ça prend du temps vous savez ».», 2010

« Plainte pour harcèlement sexuel et menaces de mort : « Ce n’est rien, il s’agit d’un cas d’amoureux éconduit. Les menaces de mort sont au conditionnel – si tu me quittes je te tuerais – ce n’est pas recevable. Les 300 mails et messages téléphoniques : changez de numéro et d’adresse mail. De toute façon, on ne va pas compromettre sa carrière. Il a besoin d’un casier judiciaire vierge pour son post ».», 2007

5. Homophobie, transphobie, racisme ou propos discriminants sur le handicap

« Victimes d’une agression homophobe, ma copine et moi avons déposé plainte. L’agent qui a prise notre première déposition a fait preuve de bienveillance. Le commissaire nous a ensuite convoquées pour nous entendre une seconde fois, il a eu des reflexions extrêmement déplacées et homophobes. Il s’est avéré que notre agresseur était un de ces amis. Il a été humiliant et a même été jusqu’à nous a demander de retirer la plainte. Suite à notre refus, il a préparé lui-même le dossier qui a été envoyé à la juge. Plainte classée sans suite. », 2017

« Victime de viols de la part d’une femme qui a ensuite commencé à harceler mes proches, j’ai tenté de porter plainte. Les policiers ont refusé ma plainte, m’expliquant « qu’une femme ne pouvait pas violer une autre femme ». Niant par là même mes viols et mon identité d’homme transgenre. Malgré des preuves dans mon dossier médical qui montraient que j’avais été drogué, leur seule réponse a été de me conseiller de :«renouer le dialogue avec elle ».», 2017

« Victime d’une agression sexuelle, je suis contrainte par mon employeur de porter plainte sous peine de renvoi. Arrivée au commissariat, les policiers font des remarques déplacées et transphobes, me demandant si mon agresseur savait que j’étais un homme (je suis une femme trans), s’il m’arrive souvent de sortir comme ça en robe, concluant que mon agresseur devait donc être gay. La police avait en sa possession les images de la caméra de sécurité ayant capturé les images de mon agression. Je n’ai jamais eu de nouvelle de ma plainte. », 2016

« Dans la voiture de police, encore choquée par mon agression par un inconnu, je fais la description de mon agresseur aux policiers présents. ils m’interrompent : “on veut juste savoir si c’est un arabe”.», 2015

« Après m’avoir demandé comment j’étais habillée, le policier a refusé de prendre ma plainte car j’ai dit que la personne qui m’avait violée était un « gitan ». », 2014

« Difficulté de porter plainte après une agression («ça ne sert à rien»). La policière a lourdement insisté sur ma tenue et m’a fait dire dans ma plainte que les hommes étaient d’origine méditerranéenne (ce qui n’était pas le cas).», 2013

« Je vais porter plainte pour agression sexuelle. Je suis mineure. Je suis reçue par une policière qui m’écoute et qui finalement me dit « Bon pour les portraits robots, ils étaient noirs ou arabes ?».», 2013

« Après avoir été victime d’une agression sexuelle en présence de ma compagne, je me suis rendue au commissariat afin de déposer plainte. On m’a culpabilisée : « votre amie et vous vous teniez la main ? Vous provoquez, aussi !»», 2004

« Lors de mon dépôt de plainte, le policier qui me reçoit a un comportement extrêmement déplacé, me demandant si je suis mannequin de profession et m’adressant un sourire qui se veut charmeur. Face à mon refus de rentrer dans son jeu, il change d’attitude et me fait remarquer que je dois être « handicapée»»,

« Lors de ma plainte suite à des attouchements dans le tramway, les policiers me disent :
“Ouais enfin quand on s’habille comme ça hein… Et puis si vous n’êtes pas contente vous pouvez retourner dans votre pays.”»

6. Moqueries, remarques ou comportements sexistes

« Victimes du même frotteur dans un bus, nous sommes plusieurs filles a déposer plainte contre lui. Au commissariat nous sommes séparées. Lorsque j’identifie l’homme en question, les agents qui manifestement le connaissent très bien le qualifient de « serial frotteur » et se mettent à rire. D’autres filles du groupe ont eu droit aux mêmes réactions. », 2018

« Je pars au commissariat pour porter plainte pour viol. La policière me fait vite comprendre que sans preuve je n’avais aucune chance d’obtenir gain de cause. Elle ajoute : « vous savez, je ne veux pas faire de comparaison maladroite mais une prostitué quand elle demande une certaine somme d’argent contre un service, elle ne peut prendre l’argent et ne plus vouloir rendre ce service ». Aucune plainte n’a été prise. », 2017

« Lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle sur mineure, j’ai entendu les gendarmes dirent à la mère de la victime : « C’est juste une branlette», « Votre fille se comporte comme une pute ».», 2017

« J’ai voulu porter plainte pour revengeporn. J’étais mineure. La policière rigolait « à votre âge…», « qu’elle idée d’envoyer ce genre de photo à un inconnu ». L’autre
policier dans la pièce se rinçait bien les yeux sur les captures d’écran que j’avais apporté.
»
, 2017

« J’ai du témoigner de faits de harcèlement dans un bureau dont un mur étaient recouverts un mur entier couvert de cartes postales de cul. J’ai demandé à porter plainte pour injures non publiques à caractère sexiste et harcèlement. La personne qui me reçoit me dit qu’elle ne peut pas enregistrer ma plainte pour ça, que ça n’existe pas..», 2017

« L” inspecteur de la brigade des mineurs a d’abord refusé de prendre ma plainte, car selon lui je pouvais être folle, idiote ou nymphomane. Après 3 heures d’entretien il m’a accompagné dans l’ascenseur et m’a dit qu il serait très heureux de me revoir. Il m’a glissé son numéro personnel » si jamais j’avais besoin de quoi que ce soit «. », 2016

« J’ai voulu porter plainte pour menaces de viol, proférée par des invités à une soirée (chez moi). Réaction de la policière : « En même temps vous n’aviez pas qu’à les inviter aussi, c’est quand même pas bien futé de votre part, fallait y penser avant ». Refus de plainte. », 2016

« Avec une amie, nous nous sommes rendues au commissariat pour savoir s’il était possible de porter plainte contre un homme qui avait pris des photos de nous à notre insu. L’accueil a été détestable, ponctué de nombreuses moqueries. », 2016

« L’officier de police judiciaire qui se fout de moi : « ça vous est arrivé plusieurs fois et vous voulez qu’on vous croie encore ?»», 2016

« Une femme se présente dans un commissariat. Elle raconte avoir pris rendez-vous la veille avec un prétendant via une application de rencontres, s’être rendue chez lui le soir-même. Elle a beaucoup bu avec cet homme et consommé de la drogue . Puis elle l’a suivi dans sa chambre. Avant de refuser une relation sexuelle, qu’il lui a imposée. Elle veut porter plainte pour viol. Un « miol», soupire l’officier de police judiciaire. », 2016

« J’ai voulu déposer une main courante contre mon voisin, violent, que j’entendais taper sa femme et qui m’avait menacée de mort. Le policier qui m’a reçue ne m’a pas du tout prise au sérieux. Lorsque je lui ai rapporté une des phrases menaçantes de mon voisin («mon métier est de taper des gens et d’apprendre à des gens à taper des gens»), l’agent m’a demandé en rigolant : « il est policier ? «.», 2016

« J’ai voulu porter plainte pour viol sur mineur de la part d’une femme. La policière en face de moi m’a regardé, a rigolé, et m’a demandé si ce n’était pas moi qui avait violé cette dame plutôt. », 2015

« Victime de harcèlement de rue jusqu’à mon domicile, j’ai tenté de porter plainte. Les agents qui m’ont reçus ont refusé ma plainte. J’ai donc demandé à déposer une main courante. Après une attente très longue, aucun agent n’avait vraisemblablement envie de m’écouter, ils se renvoyaient « la corvée ». Ils ont minimisé l’importance des faits, me disant que mon personne ne pouvait accéder à mon immeuble pour m’y attendre, ont eu une attitude méprisante envers moi. J’ai dû rentrer seule, terrorisée. », 2015

« Après avoir été percutée par une voiture, j’ai voulu porter plainte. Le conducteur avait fait une déposition disant que j’étais tombée. La policière a refusé de prendre ma plainte : « ça ne sert à rien de pleurer, vous êtes ridicule, vous êtes tombée ».», 2015

« Lorsque j’ai voulu porter plainte contre un commerçant qui avait pris son sexe en photo avec mon téléphone qu’il était censé réparer, les policiers m’ont dit en rigolant : « qu’est-ce qui nous prouve que ce n’est pas la bite de votre copain ?» Je suis repartie écœurée. », 2015

« Retrouvée en pleine nuit, en décembre, sur un trottoir, aucun souvenir. On m’a mis en cellule de dégrisement. J’ai demandé de l’aide quand je me suis aperçue que je n’avais plus ma culotte. On m’a expliqué que j’avais certainement fait un épisode hystérique au cours duquel j’avais enlevé mes vêtements et ma culotte. Pas de plainte, pas d’analyses. », 2015

« Harcelée par son ex-compagnon je dépose une main courante et on me dit » C’est une histoire d’ado, il va se calmer ». Après une agression par le même homme, des menaces de mort et le pare-brise de sa voiture brisé, je dépose plainte. Le policier me dit : “si vous saviez que ce monsieur n’était pas normal, pourquoi vous étiez avec lui ?”», 2015

« Lors d’un passage au commissariat pour amener des preuves d’une agression sexuelle, l’un des policiers a expliqué pourquoi j’étais là à ses collègues en donnant des détails vraiment pas nécessaires («il l’a forcée à le branler»). En voyant ma tête, il m’a dit de ne pas avoir honte, qu’il avaient l’habitude. Pas moi. », 2015

« J’ai été tournée en ridicule lors d’un dépôt de plainte pour agression sexuelle : « quand même cette robe est très courte ». Les policiers ont organisé une confrontation et m’ont laissée seule avec l’agresseur. », 2014

« A l’occasion d’un dépôt de plainte pour viol : « vous aviez bien une petite idée de ce qui allait se passer, non ?» et « quelle idée aussi de voyager seule quand on est une femme ».», 2014

« Je souhaitais déposer une main courante contre mon ex-compagnon qui me harcelait depuis notre rupture 2 ans au par avant. Lorsque la gendarme m’a demandé combien de temps avait duré notre relation et que je lui ai répondu « 3 mois», elle a éclaté de rire. Je sais que de sa position cette situation était absurde, mais je me suis sentie humiliée, comme si d’un coup ce n’était pas grave. », 2014

« Lors d’une plainte pour agression sexuelle, après 3 heures d’attente, le policier qui me reçoit me regarde de haut en bas puis de bas en haut et me dit « et ça vous étonne ?! »», 2014

« 18 heures après une agression sexuelle, je me suis rendue au commissariat pour déposer plainte. Que j’aie attendu « si longtemps » était un scandale pour le policier qui m’a reçue, d’autant que je n’avais selon lui « pas l’air si effondrée ». Il m’a même demandé si ce délai était dû au fait que j’avais préféré faire du shopping. », 2014

« Lors d’un dépôt de plainte pour violences conjugales, je montre les messages de menace : « c’est bien beau tout ça, mais mademoiselle, à part mettre ces feuilles aux toilettes pour faire rigoler les collègues, je ne vois pas ce que vous voulez que je fasse, sérieusement»», 2013

« J’ai appelé le commissariat pour prendre RDV pour porter plainte. La date proposée ne convenait pas. Réponse : « si c’était réellement vrai (l’agression), vous ne feriez pas autant de chichi ». Je n’ai pas porté plainte. », 2013

« Après une soirée, nous avons dormi à trois dans une chambre : une amie, un garçon que je connaissais peu et qui m’a agressée sexuellement. Lorsque je suis allée déposer plainte, j’ai eu droit à des leçons de morale : j’avais bu, je n’aurais pas dû dormir dans le même lit. », 2013

« Victime d’une agression sexuelle, j’ai entendu au commissariat : « en même temps jolie comme vous êtes, vous devez avoir l’habitude ».», 2012

« J’ai voulu porter plainte contre mon compagnon qui me tapait. Un policier m’a fait entrer dans son bureau pour prendre ma plainte : “Bon, allons-y, moi j’ai la pause café dans 5 minutes alors on se dépêche ». Quand j’ai commencé à lui raconter le calvaire que j’ai vécu pendant cette année avec mon petit ami il m’a dit “non non mais je m’en fiche de ça moi… On prend pas une plainte pour toute l’année. Faut que vous me racontiez ce qui s’est passé uniquement ce soir.”. Lorsque j’ai dit que mon conjoint s’était énervé et m’avait frappée parce que j’avais dormi chez un ami, le policier m’a dit “ben je le comprends hein!”
Il a refusé de prendre ma déposition pour les viols consécutifs que j’ai subis pendant l’année. Il a fini par dire “Pff… à croire qu’on est devenus une agence matrimoniale… pff j’te jure…” d’un ton blasé. En me raccompagnant, il me dit, juste sous les yeux de mon ex qui attendait dans le couloir : “vous vous présentez au CHU, à la médecine légale, à 9h demain matin, pour faire le bilan de vos blessures etc”. Évidemment, mon ex m’attendait devant le bâtiment de la médecine légale à l’heure du rendez-vous.
J’ai eu moins de 8 jours d’ITT, et ma plainte a été classée sans suite. Le motif figurant sur l’avis est celui-ci : “vous vous êtes plainte d’un comportement que vous avez vous-même déclenché”. Je ne comprend toujours pas. »
, 2011

« Lorsque j’ai voulu déposer plainte pour agression sexuelle, le policier m’a rétorqué : « s’il s’était agi d’une agression sexuelle, vous l’auriez senti»», 2011

« Je me suis rendue au commissariat afin de déposer plainte pour viol. Après m’avoir fait répéter plusieurs fois le mot « viol » devant tout le monde. Ma plainte n’a pas été prise. », 2011

« Mineure, victime d’un viol, je suis allée déposer plainte. Devant tout le monde, j’ai été accueillie par un retentissant : « Ah, c’est elle la petite violée !». Les policiers qui m’ont reçue m’ont demandé combien de partenaires sexuels j’avais eu pour immédiatement me juger : c’est « beaucoup trop ». Pour eux, mon viol n’en était pas un, puisque j’avais bu, c’était de ma faute. », 2010

« J’ai voulu porter plainte pour harcèlement. Le policier a refusé, en disant que j’avais qu’à donner RDV au mec devant le commissariat. En riant. », 2008

« Lors d’une plainte pour viol, les policiers m’ont interrogée devant mes amis, posant des questions très intimes. Ils ont ensuite interrogé mes amis : « est-ce qu’elle a l’habitude de mentir ?», « est-ce qu’elle le trouvait pas un peu attirant ?». Tout ça devant des calendriers automobiles sexistes. », 2007

« J’arrive pour porter plainte contre mon ex-compagnon, avec certificat de l’hôpital : épaule démise, traumatisme crânien, lacérations profondes sur les jambes et les bras. Le gendarme se met à rire (je le fais noter sur la plainte) en disant : Allez, c’est une petite dispute entre mari et femme ! », 2006

« Dans un supermarché, un homme filme a 3 reprises sous ma jupe. La police est appelée. Première phrase prononcée par le policier en me voyant : « ah ben ça va il a pas choisi la plus moche !».», 2005

« L’agent de garde, après 3 jours de séquestration et de violences : « Débrouillez vous avec vos scènes de ménage à la con… vous ne pouvez pas être « séquestrée » chez vous pff ! Circulez!»», 2004

« J’ai voulu porter plainte quelques jours après un viol. « C’est trop tard pour porter plainte ». J’essaye de m’exprimer, difficilement : éclat de rire des policiers. », 2002

« Après avoir été suivie dans la rue par un homme en train de se masturber, j’ai appelé le commissariat. Le policier qui a reçu mon appel n’a pas relevé mes données personnelles et m’a expliqué qu’il n’y avait rien d’inquiétant, que c’était « les grosses chaleurs ». En revanche, lorsque je suis allée déposer plainte le lendemain, la policière m’a encouragée à signaler le comportement de son collègue au commissariat central. », 2001

« J’ai voulu porter plainte pour coups de la part de mon oncle. Au commissariat, on m’a rit au nez en me disant que je l’avais mérité. J’avais 14 ans. », 1994

« A l’époque j’étais mineure quand j’ai décidé d’aller dans une gendarmerie pour parler du viol. Mais ne sachant pas comment en parler je suis resté muette. Le seul mot qui est sorti de ma bouche est violer. Le gendarme me parle de plus en plus fort : » Bon, votre nom c’est Violer, votre prénom maintenant…bon , on va pas y passer l’après midi ». Je ne savais plus ce que je devais répondre tellement j’étais choquée. Je suis ressortie de la gendarmerie. », 1987

« J’ai été interrogée deux fois suite à un dépôt de plainte pour violences conjugales. La policière, à la fin des auditions, m’a dit : « votre mari est un homme ? Un homme ça a besoin d’être rassuré ? Et bien il faut rentrer chez vous pour le rassurer, alors. » Quand je lui ai dit, si je rentre je ne serais probablement plus en vie ce soir, elle m’a répondu « vous n’avez pas le choix, il faut rentrer, c’est votre mari ! »», 2014

« J’ai voulu déposer plainte pour agression sexuelle. On m’a conseillé une main courante. J’ai insisté. Réponse : « Vous étiez habillée comment ? Ah, pas en jupe ? Alors il faut porter plainte. ». Puis : « Mais qu’est-ce qu’une jolie fille comme vous faisait toute seule un dimanche midi ?», « Au moins, j’espère que ça vous aura servi de leçon ». », 2007

« Depuis un an, un inconnu me harcèle. Il me suit jusque chez, moi, me prend en photos… Je dépose une main courante, car les policiers se refusent à prendre ma plainte. Le lendemain, l’homme se montre particulièrement violent. Je retourne au commissariat où un policier me répond : « c’est normal, vous êtes en jeans, ça ne lui a pas plu. Vous voyez bien qu’hier, avec votre petite jupe, il ne s’est pas montré agressif ».»

« Je suis barmaid. Au commissariat, le policier m’a dit “Non mais c’est normal, faire votre boulot en jupe c’est une incitation au viol.” Je venais pour porter plainte pour une tentative de viol par un client à mon boulot, je suis barmaid. Il a refusé de prendre ma plainte. »

« Au commissariat, le policier auprès duquel je cherche à déposer plainte pour tentative de viol est visiblement agacé. Il préfère me « confier » à l’une de ses collègues : « Vas y, c’est une histoire de nana !»»

« 3 ans après la séparation, j’ai trouvé la force d’aller porter plainte pour viols conjugaux et violences psychologiques contre mon ex-conjoint. Seuls les viols ont été retenus car le policier niait les violences psychologiques. On m’a reproché de pas faire assez attention à mes fréquentation, de ne pas avoir porter plainte plus tôt, de ne pas m’être défendue, de ne pas en avoir parler à mes parents et d’être resté 4 ans avec mon ex-conjoint. »

« Le policier, éclatant de rire, après que je lui ai indiqué que je venais porter plainte pour agression sexuelle : « Pardon mais il arrive des choses incroyables quand même!” »

« J’ai porté plainte pour viol. J’ai expliqué au policier qu’un ami avait profité de mon sommeil pour me menotter aux barres de mon lit, et il m’a demandé si je ne voulais pas lui montrer en utilisant les siennes. »

« J’ai été agressé physiquement et il a tenté de me violer et le policier m’a demandé comment j’étais habillée »

«“Allez, tu peux aller déposer plainte. Mais c’est parce que t’es très, très, très jolie…”»

« Un policier pendant que je portais plainte pour viol :
-«Tu fais quoi comme sport ? »
-«Des sports de combat. »
-«Ah bah ça t’a bien servi en effet.»»

« Violée en bas de chez moi, je suis retrouvée par une voiture de police dans la rue. Leur collègue, chargée de prendre ma déposition, m’explique qu’il va devoir me prendre en photo. « C’est pas pour ma collection perso hein, même si vraiment, tu es charmante…»»

« Une policière, à ma mère, venue porter plainte après que mon père l’a frappée au visage : « Bah alors ? Vous êtes tombée dans les escaliers ?»»

7. Mauvaise connaissance du rôle de la police

« Une femme victime de viol veut déposer plainte. Ses amies appellent le commissariat qui leur dit d’aller au CHU. Le CHU n’ayant pas été réquisitionné, leur dit de se rendre au commissariat. La femme arrive en état de choc au commissariat où on lui dit qu’à 17h30 il est trop tard pour porter plainte et qu’il faut revenir demain. Puis on luis demande : » mais tu es sûre d’avoir été violée?»», 2018

« Victime d’un viol, j’ai tenté de déposer plainte. J’ai dû répéter ce qui m’était arrivée à 4 ou 5 policiers différents, qui n’ont pas minimisé les faits mais m’ont expliqué ne pas être en mesure de prendre ma plainte, me renvoyant vers l’hôtel de police. Sur place, une brigadier-chef m’attendait. J’ai dû répéter une nouvelle fois les faits. Elle m’annonce alors qu’elle refuse de prendre ma plainte à cause de l’absence de preuve de violences, que de toute façon j’étais alcoolisée, et qu’il ne s’agissait que d’un « mauvais comportement de garçon » que je serais certainement amenée à subir de nouveau au cours de ma vie. J’ai donc seulement déposé une main courante. Quelques mois plus tard, je demande de nouveau à déposer plainte mais auprès d’une autre policière. Elle tiendra des propos similaires à peine voilés. Elle accepte néanmoins de déposer ma plainte. À ce jour je n’ai aucune nouvelle. », 2017

« Après avoir entendu à plusieurs reprises les cris de ma voisine et l’ayant croisée les jours suivants avec des bleus ou un bras dans le plâtre, je décide de contacter la police. Deux agents viennent m’interroger avant de se rendre chez mes voisins. Là, devant son mari, ils demandent à la femme si elle est victime de violences de sa part. Elle nie. Le mari demande alors qui les a prévenu. Les policiers indiquent alors l’étage où je vis. Depuis j’ai peur de les croiser. Les cris n’ont pas cessés, mais je n’ose pas rappeler la police. », 2017

« J’ai décidé de déposer plainte pour harcèlement et menace de mort de la part de mon compagnon. Ma plainte a été refusée, on m’a dit qu’il fallait d’abord faire une main courante. Finalement, j’ai pu porter plainte, même si, selon les dires des policiers, « il ne m’avait pas encore frappée ».», 2017

« J’ai voulu déposer plainte au sein du commissariat du 10e pour agression sexuelle. On m’a conseillé de déposer une main courante, au sein du commissariat du 9e, où s’est déroulée l’agression. Sur place, on m’a dit expliqué qu’une plainte serait mieux qu’une main courante, et qu’on peut déposer plainte dans n’importe quel commissariat. J’ai attendu des heures dans les deux commissariats. Dans le commissariat du 9e, la policière qui m’a reçu était très compétente. », 2017

« Venue déposer plainte pour violences, quand j’ai demandé à être reçue par une femme, une autre femme a dit à son collègue, sans s’adresser à moi, « ça va pas être possible ça ». Après trois heures d’attente, j’ai été reçue par une policière qui m’a questionnée de manière brutale. Elle m’a ensuite informée du fait qu’il ne fallait rien attendre de la police. Ma plainte n’a toujours pas été transmise aux services des enquêteurs 8 mois après. », 2017

« Victime de violences physiques, psychologiques et sexuelles de la part de mon compagnon, j’ai tenté de déposer plainte après une ultime dispute qui s’est soldée par des coups. Le policier m’a dit que puisqu’il avait un casier, il ne fallait pas que je m’étonne de son comportement. Il m’a également signifié que comme il avait encore du sursis, il ne servait à rien de « le mettre en difficulté pour une petite dispute ». Il a réussi a me persuder de ne pas porter plainte. », 2016

« Victime d’une agression sexuelle. La policière me demandant comment j’étais habillée. Je demande pourquoi. Réponse :» parce que vous n’êtes pas aguichante, alors je ne comprends pas qu’il ait fait ça sur vous » », 2016

« Suite à une agression sexuelle, j’ai voulu déposer plainte. À l’accueil, j’ai essuyé un premier refus au prétexte que les plaintes pour agressions sexuelles n’étaient reçues que le mardi, et non le lundi. Après insistance, j’ai pu être reçue par un policier qui m’a expliqué que ce n’était pas grave : « moi, si j’avais voulu vous violer, j’aurais mis ma main sur votre bouche et personne n’en aurait rien su ». Je n’ai finalement pu faire enregistrer qu’une main-courante. », 2015

« Après une agression et tentative de viol dans le hall de mon immeuble j’ai appelé la police qui m’a proposé de tourner en voiture dans le quartier pour retrouver l’individu. J’ai refusé. Je suis allée déposer plainte le lendemain mais la policière qui m’a reçue a refusé de la prendre sans certificat médical. Le lendemain, j’ai tenté à nouveau de déposer plainte, et on m’a reproché d’avoir attendu. On a finalement pris ma plainte. », 2015

« J’ai tenté de porter plainte contre le père de mes deux filles, qui voulait les emmener pour les faire exiser. La police m’a répondu que puisque c’était leur père, on ne pouvait rien faire. Ils ont refusé de prendre la plainte. », 2014

« Venue déposer plainte pour un viol sur mineure commis dix ans auparavant, j’ai été reçue par des gendarmes qui semblaient plutôt démunis et peu à l’écoute. n m’a dit à ce moment là que, au vu des 10 années qui séparaient ma plainte des faits, il était peu probable que l’affaire aille plus loin.
La prise en charge par la gendarmerie des mineurs a été très bonne : écoute et bienveillance. »
, 2014

« Agressée sexuellement dans un train à 15 ans, j’ai stipulé dans ma plainte que le train était muni de caméras mais ils n’ont jamais regardé les vidéos. », 2014

« Victime de viol, ma plainte a été refusée au motif que l’agresseur de m’a pas mis une arme sur la tempe. Accueil malveillant, refus de me prendre en charge et d’enregistrer ma plainte pour crime sexuel. », 2013

« Dans le RER, un homme a éjaculé sur la cuisse de mon amie. Choquées, nous nous sommes dirigées vers trois policiers présents sur le quai. Le premier nous a affirmé que ce n’était rien, le deuxième que ça n’aboutirait pas, le troisième nous a poussées à nous rendre au commissariat tout en nous expliquant également que ça ne servirait à rien. », 2013

« Venue déposer plainte pour agression sexuelle sur mineure, les policiers ont refusé de prendre ma plainte, arguant qu’il ne s’était rien passé et qu’ils ne pouvaient pas recevoir ma plainte. », 2012

« Victime d’un viol, j’ai déposé plainte. Le gendarme a refusé d’utiliser le mot « viol » dans la plainte, préférant le terme « faire l’amour ». Malgré mes remarques lui signifiant que, non, mon agresseur ne « m’avait pas fait l’amour», il n’a rien changé. Quelques mois plus tard, nous sommes convoqués pour la confrontation. À la fin de celle-ci, le gendarme nous fait relire ensemble notre déposition, laissant tout soin au violeur, durant le long moment où il tient le papier entre ses mains, de prendre connaissance de mon adresse et de mon numéro de téléphone. », 2011

« Victimes de harcèlement de la part d’un collègue après que j’ai refusé d’avoir une relation sexuelle avec lui, j’ai voulu déposer plainte. Le policier qui m’accueille me demande de lui montrer les sms insultants dont il est question. Il a lu les messages à haute voix, minimisant les l’importance des faits. Je me suis sentie doublement punie et humiliée. Je suis rentrée chez moi, sans déposer plainte. », 2008

« Victime d’agression sexuelle à l’âge de 13 ans, j’ai déposé plainte. On m’a répondu que je voulais me rendre intéressante et on m’a demandé la couleur du canapé sur lequel mon agression a eu lieu, parce que, je cite « si c’est vrai, tu as eu le temps de regarder le décor de la salle»,», 2008

« Un homme avec qui je travaillais s’est débraguétté et a exigé que je lui fasse une felation. J’ai pris la fuite et décidé de déposer plainte. Le policier a refusé la plainte au motif de l’abscence de preuve. Il a accepté, après negociations, et à contre coeur, que quelqu’un tape ma main courante, répétant que je perdais mon temps. », 2007

« Victime d’agression et de harcèlement sexuel de la part de mon beau-père à l’âge de 12 ans, j’ai porté plainte. J’ai été auditionnée et filmée par une femme policier. Il n’a jamais été convoqué. J’ai dû partir du domicile familial, pas lui. », 2007

« Victime d’attouchements et de harcèlement sexuel à l’âge de 13 ans par un homme de 47 ans, j’ai porté plainte. L’homme a reconnu tous les faits, avant même ma déposition, des preuves matérielles ont également été retrouvées. Le policier qui m’a reçue a fait preuve de respect, a posé des questions précises, sans porter de jugement, et m’a laissé le temps de parler. Sa collègue, en revanche, m’a demandée si j’étais bien sûre de moi, car le monsieur en question avec l’air « très gentil et très embêté ». Cet homme est un multirécidiviste. Ce n’était pas sa première condamnation et il a recommencé avec une enfant de 7 ans à sa sortie de prison. », 2004

« Victime de violences conjugales et de viol, j’ai tenté de porter plainte. Un jour, j’appelle la gendarmerie pour signaler que mon compagnon, ivre, est fait preuve d’une violence extrême et menace de me tuer. Les gendarmes arrivent, ne s’adressent qu’à mon compagnon pour lui demander ce qu’il se passe, et concluent qu’il s’agit d’une « simple scène de ménage», lui serrant la main et me disant de me calmer. Quelques instants plus tard, il me force à avoir un rapport sexuel avec lui sous la menace d’un coûteau. La gendarmerie refusera de prendre ma plainte, j’ai dû écrire au Procureur. », 2003

« Victime d’une agression sexuelle sur mon lieu de travail, j’ai déposé plainte. En arrivant, j’explique la raison de ma présence à l’officier de police judiciaire de faction. Lorsque je lui indique connaitre mon agresseur il se met à rire. Si ça n’avait tenu qu’à moi je serais rentrée chez moi. Heureusement, l’amie qui m’accompagnait a insisté pour qu’il prenne ma plainte. », 2000

« Victime d’un viol, j’ai déposé plainte. J’ai dû déposer le faire deux fois de suite, car le policier l’avait malencontreusement effacée la première fois. Envoyée chez le légiste pour costater mes blessures, ce dernier a écarté mes cuisses de force pour m’insérer un spéculum. Lors de la confrontation, un policier m’a répété avec insistance que si je maintenais ma plainte, mon agresseur serait à son tour violé en prison : « le pauvr, quand même ». Il m’a été fait plusieurs remarques sur les dires de mon agresseur : ma supposée sexualité particulière, qu’il n’avait peut-être pas compris que je n’étais pas consentante, et que ma tenue pouvait porter à confusion. », 1997

« Victime d’une agression à caractère sexuelle, j’ai tenté de déposer plainte. Le policier qui m’a reçue m’a demandée ce que je faisais dehors à 23h, m’a questionnée sur ma tenue et a cherché à savoir si je n’avais pas « eu une attitute équivoque ». Ma plainte a été refusée au motif que ne connaissant pas mon agresseur et pouvant difficilement l’identifier (perte de connaissance sous la violence des coups), il serait inutile de la traiter. », 1995

« Victime de viols commis par un mon grand-père entre mes 3 et 6 ans, j’ai trouvé le courage de porter plainte après plusieurs années. La cheffe de la brigade des mineurs est censée m’appeler pour convenir d’un rendez-vous avant ses vacances, elle me dit de bloquer deux dates, je pose donc des congés. Elle n’appelle pas. Je décide de me rendre au commissariat. Elle est présente, mais m’indique ne pas avoir le temps de me recevoir et qu’elle refuse qu’un autre agent prenne ma plainte. Elle me dit également que je vais les faire travailler pour rien car les faits sont anciens et que c’est inutile car mon grand-père est en mauvaise santé de toute façon. Elle m’envoie vers la gendarmerie, me précisant de ne pas dire que la police a refusé de prendre ma plainte, parce qu’entre police et gendarmes, c’est déjà tendu. », 1993

« Victime d’une agression sexuelle, je vais déposer plainte moins de deux heures plus tard. Durant 4H, encore en état de choc, je suis forcée de répéter les détails de l’agression à trois reprises, devant trois policiers différents, avant, finalemement, d’être prise en charge. Le quatrième policier prend ma déposition avec une attitude méprisante et agressive, faisant des remarques déplacées, rejetant la faute sur moi, minimisant les faits, m’expliquant qu’en l’abcence de tentative de fuite de ma part, je mérite ce qui vient de se passer. Malgré mes protestations, il déclare que je ne suis venue que pour attirer l’attention, et que le fait que mon agresseur ne soit pas répertorié dans leurs fichiers pour viol en est la preuve. »

« Un commissaire a refusé de prendre la plainte de mon amie pour agression sexuelle, refusant vraisemblablement de la croire. C’est seulement après avoir dévoilé que j’avais moi-même été victime d’un viol qu’il a accepté de prendre la plainte. »

« J’ai du m’acharner pour déposer plainte pour harcèlement moral au sein du couple. « Deux policiers m’affirmaient que l’infraction n’existait pas. Quand je suis revenue avec le texte de loi, ils ont accepté »»

« Après avoir déposé plusieurs plaintes pour violences conjugales à l’encontre de l’homme qui était à l’époque mon mari, l’officier de police judiciaire de Marseille nous convoque tous les deux pour une confrontation. Sa conclusion : « vous n’auriez jamais dû vous rencontrer ». Les plaintes ont été classées sans suite. »

8. Bienveillance de l’équipe

« Lors du dépôt de ma plainte, j’ai été prise au sérieux par les forces de l’ordre. Le policier chargé de l’enquête a cherché à connaître les points importants à prendre en compte (si j’avais un handicap, si j’étais racisée, un accent…). Il s’est montré très ouvert et à l’écoute, n’a jamais remis en cause mes propos et s’est rangé de mon côté durant la confrontation avec mes harceleurs. Ma plainte a été rapidement entendue après le dépôt. J’ai été régulièrement tenue au courant des avancées de l’enquête, on a voulu connaître mon avis, mon ressenti. », 2018

« J’ai porté plainte contre un « frotteur » exhibitionniste dans le métro. Au commissariat, le policier qui a pris en charge ma plainte a été très compréhensif, professionnel et efficace. », 2017

« Victimes de violences conjugales, sexuelles et psychologiques de la part de mon conjoint, j’appelle la gendarmerie. En arrivant sur place, ils arrivent à le convaincre de quitter le domicile familial pour la nuit. Je suis convoquée le lendemain pour la déposition. Le gendarme ne se restreint pas aux faits de la veille et me pose plusieurs questions autour des violences conjugales. Il m’encourage à aller faire établir un certificat médical pour acter les conséquences psychologiques, bien qu’il n’y ait pas de traces physiques. Il me fournit les coordonnées des associations d’aides aux victimes. Il a également prévenu les services sociaux qui agiront avec discrétion. Il me demande ensuite si je souhaite porter plainte ou non, et m’explique les conséquences dans les deux cas. Je me suis sentie écoutée et soutenue. », 2017

« Suite à une agression sexuelle, j’ai été bien accueillie au commissariat. Le policier pesait ses mots, était en empathie. », 2017

« Victime de violences conjugales et d’une tentative de meurtre de la part de mon mari, j’ai déposé plainte. La gendarmerie a insisté sur la nécessité de mentionner les violences sexuelles dont j’avais également été victime de sa part, malgré mon hésitation a en parler. Le procureur a demandé les assises au lieu du tribunal correctionnel à la lumière de cette information, et je ne regrette donc pas que les violences sexuelles aient été mentionnées. », 2016

« Victime d’une agression sexuelle, je me suis immédiatement rendue au commissariat. Après avoir décrit mon agresseur, trois policiers sont sortis, l’ont retrouvé et j’ai pu l’identifier. Le policier qui a pris ma plainte a été calme et très humain. Il m’a proposée d’appeler un proche pour que je ne sois pas seule, je me suis sentie en sécurité. », 2013

« Victime d’attouchements, j’ai été bien prise en charge. », 2010

« Lors d’une plainte pour agression sexuelle sur mineure, nous avons été bien reçus au commissariat », 2007

« Victime de violences conjugales, j’ai été très bien reçue et rassurée par le gendarme. », 2005

« Suite au signalement de mon médecin du viol dont j’avais été victime, la gendarmerie m’a convoquée. La gendarme m’a énormément rassurée et soutenue. », 2005

« J’ai porté plainte à une époque où j’étais mineure. J’ai été très bien accueillie au commissariat et aussitôt prise en charge par des personnes habituées à traiter les cas touchant les enfants. », 1997